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Santé et forme

Apnée du sommeil : les symptômes à repérer avant de consulter

Apnée du sommeil : les symptômes à repérer avant de consulter

Le ronflement est souvent pris à la légère, tout comme la fatigue chronique. Pourtant, l'association de plusieurs signes nocturnes et diurnes peut révéler un syndrome d'apnées du sommeil. Ce trouble, qui se caractérise par des pauses respiratoires répétées pendant la nuit, ne se limite pas à un simple inconfort : il a des conséquences directes sur la qualité de vie et la santé cardiovasculaire. Voici les symptômes précis à observer chez soi ou chez un proche, et le parcours à suivre pour confirmer le diagnostic.

Quels sont les signes nocturnes qui doivent alerter ?

Les manifestations de l'apnée du sommeil surviennent principalement pendant la nuit. Elles sont souvent constatées par le conjoint ou la conjointe avant même que la personne concernée ne s'en rende compte. Un ronflement sévère, présent presque chaque nuit et depuis longtemps, est un premier indicateur : il est observé dans 95 % des cas. Il ne s'agit pas d'un simple ronflement passager, mais d'un bruit intense, régulier, qui peut gêner l'entourage au point de perturber son propre sommeil.

Apnée du sommeil : les symptômes à repérer avant de consulter
Apnée du sommeil : les symptômes à repérer avant de consulter

Au-delà du ronflement, l'entourage peut remarquer des pauses respiratoires : la respiration s'arrête quelques secondes, puis reprend brutalement, parfois avec un bruit de suffocation ou de respiration haletante. La personne peut aussi se réveiller en sursaut avec une sensation d'étouffement ou d'asphyxie. Ces épisodes, répétés plusieurs fois par heure, fragmentent le sommeil en micro-éveils dont le dormeur n'a généralement pas conscience.

Le sommeil est alors agité et non réparateur. La personne bouge beaucoup, ses draps sont défaits au matin, elle peut transpirer abondamment. Des mouvements périodiques des jambes peuvent s'ajouter. Les cauchemars portant sur des thèmes d'asphyxie, de chute ou de mort imminente sont également fréquents, tout comme les insomnies. Un autre signe moins connu : le besoin d'uriner plusieurs fois par nuit (nycturie), qui interrompt le sommeil et peut être lié aux apnées. Enfin, des troubles de l'érection ou une baisse de libido chez l'homme sont des signes associés qui régressent généralement une fois le syndrome traité.

Fatigue et somnolence : comment faire la différence ?

Les conséquences de ces nuits fragmentées se font sentir dès le réveil. La personne se sent moins reposée qu'en se couchant, et cette fatigue peut aller jusqu'à l'épuisement. Elle s'accompagne souvent de difficultés de concentration, de problèmes de mémoire, d'irritabilité et parfois de maux de tête matinaux.

Mais le symptôme le plus caractéristique est la somnolence diurne excessive. Il est important de ne pas confondre fatigue et somnolence. La fatigue est une difficulté à maintenir une performance, avec une sensation d'épuisement physique. La somnolence, elle, est une difficulté à rester éveillé, un besoin irrépressible de dormir. Elle se manifeste par des paupières lourdes, des bâillements répétés, des yeux qui piquent. La différence est de taille : la fatigue se corrige par le repos, tandis que la somnolence ne se corrige que par le sommeil.

Chez une personne souffrant d'apnée du sommeil, la somnolence survient dès que l'activité diminue : en lisant, en regardant la télévision, en étant passager d'une voiture, en réunion. Dans les cas les plus graves, elle peut provoquer des endormissements involontaires pendant un repas, une conversation ou au volant. Ce risque d'accident est majeur : la somnolence est responsable d'un tiers des accidents mortels sur la route, et les personnes souffrant d'apnée du sommeil présentent un risque d'accident de la route cinq fois plus élevé que la population générale.

13 % des patients traités par pression positive continue restent somnolents malgré un traitement bien conduit : on parle de somnolence résiduelle, un symptôme à signaler à son médecin.

Comment se déroule le diagnostic en deux temps ?

Face à ces symptômes, la première étape est de consulter son médecin traitant. Celui-ci interroge sur les troubles ressentis et ceux observés par l'entourage. Il peut proposer de tenir un agenda du sommeil pour noter les horaires de coucher, les réveils et les moments de somnolence. Pour évaluer la somnolence diurne, il utilise des questionnaires standardisés, dont l'échelle de somnolence d'Epworth, qui permet de quantifier le risque d'endormissement dans différentes situations de la vie courante.

Le médecin recherche également des facteurs de risque cardiovasculaire souvent associés : une hypertension artérielle, un surpoids (calcul de l'IMC et mesure du tour de taille). Un examen ORL est systématiquement prescrit pour vérifier l'absence d'un obstacle sur les voies aériennes : langue volumineuse, amygdales hypertrophiées, nez bouché, mâchoire inférieure trop petite.

Apnée du sommeil : les symptômes à repérer avant de consulter

Apnée du sommeil : les symptômes à repérer avant de consulter

Si le diagnostic est suspecté, une polygraphie ventilatoire est prescrite. Cet examen enregistre la respiration pendant le sommeil : mouvements thoraciques et abdominaux, débit d'air nasal, oxygénation du sang. Il peut se faire à domicile, avec un appareillage simple posé en une dizaine de minutes par un technicien. Le patient passe une nuit chez lui, puis rapporte l'appareil pour analyse des données.

Dans certains cas, une polysomnographie en laboratoire du sommeil est nécessaire. Cet examen plus complet enregistre en plus l'activité cérébrale (électroencéphalogramme), les mouvements oculaires, l'activité musculaire des jambes et du menton, et le rythme cardiaque. Il est généralement réalisé à l'hôpital, où une infirmière spécialisée pose les capteurs, mais peut parfois être effectué à domicile selon les conditions. Ces enregistrements permettent de confirmer le diagnostic et de mesurer la sévérité du syndrome, ce qui orientera le choix du traitement.

Quelles sont les erreurs à éviter quand on suspecte une apnée du sommeil ?

La première erreur est de minimiser les symptômes. La somnolence diurne est souvent banalisée, attribuée au stress ou au manque de sommeil. Or, elle n'est pas une fatalité et peut être traitée. Sous-estimer les risques, par peur de perdre son emploi ou par fatalisme, conduit à des pertes de chance : les personnes qui travaillent comme grutiers, pilotes ou conducteurs de poids lourds mettent non seulement leur propre vie en danger, mais aussi celle des autres.

La deuxième erreur est de se fier uniquement à son ressenti. Les micro-éveils qui fragmentent le sommeil sont rarement perçus par le patient. Une personne peut se sentir fatiguée sans savoir pourquoi, et ne pas faire le lien avec ses ronflements. C'est souvent l'entourage qui donne l'alerte. Il est donc utile d'écouter les remarques du conjoint ou de la conjointe sur les pauses respiratoires ou l'intensité du ronflement.

Enfin, il faut éviter de penser que le traitement est pire que le mal. La ventilation en pression positive continue (PPC) est le traitement de référence : elle maintient les voies aériennes ouvertes pendant le sommeil et supprime les apnées. Elle est efficace pour la majorité des patients, même si elle demande une période d'adaptation. Et si la somnolence persiste malgré un traitement bien conduit, il ne faut pas hésiter à en reparler à son médecin : d'autres solutions existent.

Le test de l'échelle d'Epworth avant de prendre rendez-vous

Pour évaluer rapidement votre risque de somnolence, l'échelle d'Epworth est un outil simple à utiliser. Elle évalue la probabilité de s'endormir dans huit situations de la vie courante : assis en lisant, en regardant la télévision, assis inactif dans un lieu public, passager d'une voiture, allongé l'après-midi, assis en discutant avec quelqu'un, assis calmement après un repas sans alcool, au volant en arrêt quelques minutes. Chaque situation est notée de 0 (aucun risque) à 3 (fort risque). Un score supérieur à 10 suggère une somnolence excessive et justifie une consultation médicale.

Ce test ne remplace pas un avis médical, mais il donne un premier repère objectif. Si le score est élevé, ou si plusieurs signes nocturnes sont présents, il est temps de prendre rendez-vous avec son médecin traitant. Mieux vaut consulter et faire un enregistrement du sommeil qui se révèle normal, que de passer des années à subir fatigue, irritabilité et risques d'accidents sans diagnostic.

Le parcours est simple : consultation chez le médecin traitant, examen ORL, puis polygraphie ou polysomnographie sur prescription. L'ensemble prend quelques semaines. Le traitement, s'il est nécessaire, améliore rapidement la qualité du sommeil et la vigilance diurne. La somnolence au volant, elle, ne laisse pas de seconde chance : c'est le signal qui doit pousser à agir sans attendre.

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