Vous êtes au chômage et tombez malade. L’arrêt de travail suspend le versement de vos allocations chômage, mais ne vous laisse pas sans ressources. Sous conditions, vous pouvez percevoir des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS). Le montant et les règles ont changé au 1er janvier 2026. Voici ce qu’il faut savoir pour ne pas perdre le fil de vos droits.
Qui peut toucher des IJSS quand on est au chômage ?
Pour prétendre aux indemnités journalières, il faut avoir cessé toute activité salariée depuis moins de douze mois et remplir les conditions classiques de l’Assurance maladie. Autrement dit, vous devez avoir cotisé suffisamment avant la perte de votre emploi. Si vous étiez déjà inscrit à France Travail et que vous perceviez une allocation, celle-ci s’arrête le jour de l’arrêt maladie. À la place, la CPAM vous verse des IJSS, calculées sur la base de votre dernier salaire brut.

L’indemnité correspond à 50 % du salaire journalier de base. Ce dernier est obtenu en prenant la moyenne des salaires bruts des trois mois précédant l’arrêt, divisée par 91,25. Un plafond limite le salaire pris en compte : il ne peut pas dépasser 1,4 fois le Smic mensuel, soit 2 552,25 € bruts par mois en 2026. Si votre ancien salaire était plus élevé, la part couverte par la Sécurité sociale sera donc réduite.
Depuis le 1er avril 2025, le plafond de calcul est passé de 1,8 à 1,4 Smic. Un changement qui réduit l’indemnisation des anciens salaires moyens et hauts.
Combien allez-vous toucher par jour ?
Le montant maximal de l’IJSS maladie en 2026 est de 41,95 € par jour. Ce chiffre correspond à la moitié du salaire journalier plafonné. Pour un ancien salaire de 2 000 € bruts par mois, l’indemnité journalière tourne autour de 33 €. En deçà du Smic, le calcul reste le même, mais le plancher est fixé par le Smic horaire.
Le versement ne commence qu’après un délai de carence de trois jours. Concrètement, si votre arrêt débute un lundi, les trois premiers jours ne sont pas indemnisés par la Sécurité sociale. L’employeur peut prévoir un maintien de salaire pendant cette période si la convention collective ou un accord d’entreprise le stipule. Mais pour un demandeur d’emploi, il n’y a généralement pas de complément : les trois premiers jours sont donc une perte sèche.
Arrêt maladie et allocation chômage : comment ça s’articule ?
Dès que l’arrêt maladie est déclaré, France Travail suspend le versement de vos allocations. La période d’arrêt vient simplement prolonger la durée totale de votre indemnisation chômage. Par exemple, si vous aviez droit à six mois d’allocations et que vous êtes arrêté quinze jours, votre droit est reporté de quinze jours. Vous ne perdez donc pas de jours d’indemnisation, mais vous les décalez.
À la fin de l’arrêt, vous devez vous réinscrire comme apte à l’emploi si la durée de l’arrêt a dépassé quinze jours. Dans le cas contraire, la reprise est automatique. Attention : si vous tombez malade avant de vous inscrire à France Travail, vous devez attendre la fin de l’arrêt pour entamer les démarches. L’aptitude physique est une condition obligatoire pour être indemnisé par l’Assurance chômage.
Les démarches à ne pas rater
- Transmettre l’arrêt à la CPAM dans les 48 heures (volet 1 et 2, ou version dématérialisée).
- Informer France Travail dans les 72 heures suivant le début de l’arrêt, via votre espace personnel, par téléphone ou en agence.
- Conserver le volet employeur (volet 3) : il peut vous servir si vous retrouvez un emploi pendant l’arrêt ou pour justifier la suspension de vos allocations.
Les IJSS sont versées tous les quatorze jours. Elles sont soumises à cotisations sociales et, en général, à l’impôt sur le revenu. Si vous avez souscrit une complémentaire santé via votre dernier employeur ou à titre personnel, elle peut compléter l’indemnisation. Mais ce n’est pas automatique : vérifiez les garanties de votre contrat.
Ce qui change vraiment en 2026 pour les chômeurs
La principale nouveauté est l’abaissement du plafond de calcul à 1,4 Smic, effectif depuis avril 2025. Pour 2026, le Smic revalorisé au 1er janvier a légèrement relevé le plafond (2 552,25 € contre environ 2 530 € fin 2025), mais le changement de règle reste très concret : un ancien salaire de 3 000 € bruts par mois était auparavant pris en compte jusqu’à 1,8 Smic, soit environ 3 240 €. Désormais, la part au-delà de 2 552 € est ignorée. Résultat : l’IJSS maximale est passée de 53 € environ à 41,95 € par jour.
Pour un demandeur d’emploi qui vivait avec une allocation chômage modeste, la baisse est moins sensible. Mais pour ceux qui sortaient d’un poste bien rémunéré, la perte peut atteindre plusieurs centaines d’euros par mois d’arrêt. C’est un point à anticiper si vous êtes dans cette situation.
Trois erreurs à éviter
- Ne pas déclarer l’arrêt à France Travail. Certains pensent que les allocations continuent. Non : elles sont suspendues, et l’absence de déclaration peut entraîner un trop-perçu à rembourser.
- Oublier de se réinscrire après un arrêt long. Si l’arrêt dépasse quinze jours, France Travail vous désinscrit automatiquement. Il faut refaire la demande d’inscription une fois l’aptitude médicale retrouvée.
- Négliger la complémentaire santé. Les IJSS ne couvrent qu’une partie de la perte de revenu. Sans mutuelle ou sans garantie maintien de salaire, le reste à charge peut être lourd.
À qui s’adresser pour vérifier ses droits ?
Votre CPAM reste l’interlocuteur principal pour le calcul et le versement des IJSS. France Travail gère la suspension et la reprise de vos allocations. Si vous avez un doute sur votre situation personnelle, un conseiller France Travail peut consulter votre dossier. Mais pour les questions médicales ou de calcul d’indemnités, c’est la CPAM qu’il faut contacter.
Enfin, si vous avez été salarié moins de douze mois avant votre arrêt, vérifiez que vous avez bien cotisé le nombre d’heures requis. Sinon, les IJSS ne vous seront pas versées, et vous resterez sans revenu pendant l’arrêt. Dans ce cas, seule une éventuelle aide d’urgence de France Travail ou du département peut être sollicitée.
La règle est simple : un arrêt maladie sans emploi n’est pas une période sans droits, mais elle exige de la rigueur dans les démarches et une bonne connaissance des plafonds. En 2026, le plafond à 1,4 Smic réduit l’indemnisation des anciens salaires moyens. Si vous êtes dans cette tranche, prévoyez une épargne de précaution ou vérifiez les garanties de votre complémentaire santé avant d’être malade.




