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Santé et forme

Arthrose du genou : signes, gestes utiles et erreurs à éviter

Arthrose du genou : signes, gestes utiles et erreurs à éviter

L'arthrose du genou, que les médecins appellent gonarthrose, s'installe en silence. Le cartilage qui recouvre les extrémités osseuses se dégrade progressivement, et pendant des mois, voire des années, rien ne se manifeste. Puis viennent les premiers symptômes, souvent discrets, que l'on attribue à la fatigue ou à l'âge. Pourtant, les reconnaître tôt change la donne : une prise en charge précoce ralentit l'évolution et préserve la mobilité bien plus longtemps.

La douleur est le signal le plus courant. Elle apparaît d'abord à l'effort : monter des escaliers, marcher longtemps, porter une charge. Avec le temps, elle s'invite au repos, parfois même la nuit, et peut réveiller en cours de sommeil. Un deuxième signe typique est la raideur matinale : le genou est engourdi au réveil, difficile à plier, et il faut quelques minutes de mouvement pour « se dérouiller ». Des craquements, des crépitements ou une sensation de sable dans l'articulation accompagnent souvent ces douleurs. Un gonflement, visible ou palpable, peut également apparaître autour du genou, signe d'une inflammation liée à la dégradation du cartilage.

Arthrose du genou : signes, gestes utiles et erreurs à éviter
Arthrose du genou : signes, gestes utiles et erreurs à éviter

À un stade plus avancé, la mobilité se réduit : plier complètement le genou devient difficile, et certaines positions, comme s'accroupir ou rester agenouillé, deviennent pénibles, voire impossibles. La gêne peut alors devenir quasi permanente, présente une bonne partie de la journée. L'arthrose du genou touche le plus souvent les deux genoux en même temps, et se développe soit entre le fémur et le tibia (65 % des cas), soit entre le fémur et la rotule (35 % des cas). Quand toute l'articulation est atteinte, on parle de gonarthrose globale.

Ce qui favorise l'usure du cartilage : les facteurs de risque à connaître

L'arthrose du genou n'a pas une cause unique, mais une combinaison de facteurs. Le surpoids arrive en tête : chaque kilo supplémentaire augmente la pression exercée sur le genou et accélère la détérioration du cartilage. L'âge joue aussi un rôle majeur, la fréquence de la maladie augmentant avec les années. Les femmes sont plus touchées, en particulier après la ménopause. Certaines déformations anatomiques, comme les jambes en X ou en O, modifient la répartition des charges sur l'articulation et favorisent l'usure localisée.

Les traumatismes antérieurs comptent parmi les déclencheurs fréquents, y compris chez des sujets jeunes. Une rupture du ligament croisé antérieur, une ablation du ménisque, ou une fracture mal consolidée peuvent précipiter l'apparition d'une gonarthrose des années plus tard. Les métiers qui imposent le port de charges lourdes, les stations debout prolongées ou les mouvements répétitifs en flexion exposent également davantage. À l'inverse, le manque d'activité physique fragilise les muscles qui soutiennent le genou : sans ce soutien musculaire, l'articulation subit des contraintes plus fortes.

Un point méconnu : beaucoup de personnes porteuses d'arthrose du genou ignorent leur maladie. La gonarthrose peut rester asymptomatique pendant longtemps, et sa découverte se fait souvent par hasard, lors d'une radiographie demandée pour un autre motif. L'absence de douleur ne signifie donc pas que le cartilage est intact.

Les gestes qui préservent le genou au quotidien

L'activité physique fait partie intégrante du traitement de l'arthrose du genou. Contre l'intuition première, qui pousse à immobiliser une articulation douloureuse, bouger reste bénéfique : l'exercice diminue la douleur et réduit l'impact de la maladie sur la vie quotidienne. Encore faut-il adapter son activité à l'état du genou. En dehors des poussées douloureuses, la marche quotidienne est recommandée. En revanche, pendant une poussée inflammatoire, mieux vaut limiter les marches, les stations debout prolongées, les escaliers et le port de charges lourdes, et mettre l'articulation au repos relatif.

Certains sports sont à éviter car ils sollicitent fortement les genoux : le ski, le football, le rugby, ou encore le vélo en intensité. La natation, la marche sur terrain plat ou le vélo d'appartement à faible résistance constituent des alternatives plus respectueuses de l'articulation. Le médecin ou le kinésithérapeute peut orienter vers des exercices précis : renforcement musculaire, travail de mobilité articulaire, endurance douce.

Arthrose du genou : signes, gestes utiles et erreurs à éviter

Arthrose du genou : signes, gestes utiles et erreurs à éviter
  • Utiliser une canne tenue du côté opposé au genou douloureux soulage l'articulation à chaque pas.
  • Éviter les stations debout prolongées : s'asseoir régulièrement quand on fait la cuisine ou qu'on attend debout.
  • Répartir les charges lourdes et privilégier un sac à roulettes pour les courses.
  • Fractionner les activités ménagères et les escaliers dans la journée plutôt que tout faire d'un bloc.

La perte de poids, quand elle est nécessaire, est l'un des leviers les plus efficaces. Une réduction même modeste du poids diminue les contraintes sur le genou et ralentit la progression de l'arthrose. La rééducation occupe aussi une place centrale : guidée au début par un kinésithérapeute, elle vise à préserver la mobilité articulaire et à maintenir la musculature autour du genou, puis se poursuit seule à domicile selon un programme personnalisé. Le port d'une genouillère peut, dans certains cas, réduire les pressions sur la zone atteinte.

Médicaments, infiltrations et injections : ce qui soulage vraiment

Les traitements médicamenteux ne réparent pas le cartilage, mais ils calment la douleur et permettent de continuer à bouger. Le paracétamol est prescrit en première intention lors des poussées douloureuses, à condition de ne pas dépasser les doses maximales indiquées. S'il ne suffit pas, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, kétoprofène) peuvent être utilisés, mais sur une courte durée — cinq jours au maximum — et à la dose minimale efficace. Leurs effets indésirables, notamment digestifs, cardiovasculaires et rénaux, imposent la prudence, particulièrement chez les personnes âgées. Ils peuvent aussi masquer les symptômes d'une infection, comme la fièvre, et retarder le diagnostic d'une pathologie associée.

Des gels ou crèmes contenant des anti-inflammatoires, appliqués localement sur le genou, constituent une alternative utile avec moins d'effets systémiques. Attention, de nombreux médicaments vendus sans ordonnance contiennent des antalgiques : il faut signaler à son médecin tous les traitements pris, même ceux achetés librement, et demander conseil au pharmacien en cas de doute.

Les infiltrations de corticoïdes dans l'articulation agissent directement sur la douleur lors des poussées inflammatoires, mais elles n'ont aucun effet sur la structure du cartilage. Les injections d'acide hyaluronique, elles, visent à « lubrifier » l'articulation. Ces gestes sont proposés selon le profil du patient et le stade de la maladie, en complément du traitement de fond. La chirurgie n'est envisagée qu'en dernier recours, quand les autres traitements ne suffisent plus à soulager la douleur et à préserver la mobilité.

Les erreurs qui aggravent l'arthrose du genou

La première erreur est de s'immobiliser totalement par crainte de la douleur. L'inaction affaiblit les muscles, réduit la mobilité articulaire et aggrave à terme la gêne fonctionnelle. L'activité adaptée reste un traitement à part entière, à condition de l'interrompre pendant les poussées congestives et de la reprendre progressivement ensuite.

La seconde erreur est de négliger le surpoids. Les kilos superflus augmentent la charge sur le genou à chaque pas et accélèrent l'usure du cartilage. Une perte de poids est toujours bénéfique, même modeste, et elle potentialise les effets des autres traitements.

Enfin, ne pas consulter à temps est une erreur fréquente. Beaucoup attendent que la douleur devienne invalidante avant de voir un médecin. Or, le diagnostic repose d'abord sur l'examen clinique, qui permet de localiser l'inflammation et d'évaluer les symptômes, puis sur la radiographie, qui confirme l'atteinte. En cas de doute, des examens complémentaires sont réalisés. Plus la prise en charge est précoce, plus les options thérapeutiques sont larges et plus la qualité de vie est préservée. L'arthrose est une maladie chronique, mais son évolution n'est pas une fatalité : le traitement médical et une hygiène de vie adaptée ralentissent sa progression, même dans les formes avancées.

Le cap à tenir : ne pas attendre que le genou s'use davantage pour agir. Si la douleur persiste plus de quelques semaines, si la raideur matinale s'installe ou si le genou gonfle, une consultation s'impose. Le médecin évaluera la situation et proposera un plan d'action combinant activité physique adaptée, perte de poids si nécessaire, traitement antalgique et rééducation. Le genou est une articulation qui supporte tout le poids du corps : la préserver demande de la régularité, pas des efforts ponctuels. Chaque geste simple — marcher un peu chaque jour, éviter les stations debout prolongées, surveiller son poids — compte davantage qu'un traitement miracle qui n'existe pas.

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