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Santé et forme

Arthrose : quels compléments alimentaires vraiment efficaces ?

Arthrose : quels compléments alimentaires vraiment efficaces ?

Depuis 2012, le marché des compléments alimentaires contre l'arthrose a pris un coup dur. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et la Commission européenne ont interdit aux fabricants de prétendre que leurs produits améliorent la mobilité des articulations, freinent la destruction du cartilage ou soutiennent la santé des surfaces articulaires. Pourquoi une telle décision ? Par manque de preuves cliniques suffisantes. En clair, les allégations santé qui faisaient vendre ne tiennent pas face à l'exigence scientifique. Cela ne signifie pas que tous ces produits sont inutiles, mais qu'il faut regarder de près ce qu'ils contiennent vraiment et ce que la science en dit.

Glucosamine et chondroïtine : des substances naturelles mais pas sans risques

Ces deux molécules sont les piliers historiques des compléments pour les articulations. La glucosamine est produite par l'organisme et participe à l'entretien du cartilage. La chondroïtine en est un constituant essentiel, qui lui donne sa structure et son élasticité. Pourtant, malgré quelques études cliniques suggérant un ralentissement de l'arthrose, rien ne prouve qu'en avaler sous forme de gélules permette de cibler efficacement les articulations touchées.

Arthrose : quels compléments alimentaires vraiment efficaces ?
Arthrose : quels compléments alimentaires vraiment efficaces ?

Le vrai problème, ce sont les effets indésirables. En mars 2019, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a alerté sur des signalements fréquents : nausées, diarrhées, maux de ventre, rougeurs, démangeaisons, mais aussi des cas plus graves comme des hépatites ou des lésions hémorragiques de la peau (purpura). La glucosamine est déconseillée aux personnes diabétiques ou obèses, car elle pourrait augmenter la résistance à l'insuline. Elle l'est aussi en cas d'allergie aux crustacés (d'où elle est souvent extraite). Quant à la chondroïtine, elle est à éviter si vous prenez un traitement anticoagulant ou si vous souffrez d'hémophilie. Autre détail pratique : ces compléments sont souvent riches en sodium, ce qui peut poser problème en cas de régime pauvre en sel.

Collagène, acide hyaluronique, MSM : le raz-de-marée des modes

Collagène et acide hyaluronique sont partout dans les rayons « bien-être articulaire ». C'est un vrai phénomène de mode. Mais ingérer ces molécules par la bouche pose une question simple : comment pourraient-elles résister à la digestion et aller se fixer précisément sur vos articulations douloureuses ? Aucune donnée solide ne le démontre. Même constat pour le MSM (méthyl sulfonyle méthane), une substance soufrée naturelle, ou le silicium extrait de la prêle. Les autorités sanitaires européennes ont interdit toute allégation santé pour ces ingrédients faute de preuves. Méfiez-vous des emballages qui promettent un « confort articulaire » sans pouvoir le justifier scientifiquement.

L'harpagophytum, une lueur d'espoir à ne pas prendre à la légère

Parmi les plantes, l'harpagophytum (griffe du diable) se distingue. Au moins neuf études cliniques, dont trois contre placebo, portant sur plus de 2 000 patients, indiquent qu'il soulage les douleurs articulaires légères à modérées et diminue la raideur. L'Agence européenne du médicament reconnaît son usage traditionnel pour « soulager les douleurs articulaires mineures », mais recommande une durée maximale de traitement de quatre semaines.

Attention, cette plante n'est pas anodine. Elle est déconseillée en cas de reflux gastrique, d'ulcère à l'estomac, de calculs biliaires, de maladie cardiovasculaire ou si vous prenez des anticoagulants. Elle peut interagir avec ces médicaments. Autrement dit, ne vous lancez pas dans une cure sans avis médical préalable.

Arthrose : quels compléments alimentaires vraiment efficaces ?

Arthrose : quels compléments alimentaires vraiment efficaces ?

Les autres plantes et épices : entre tradition et prudence

Le curcuma, souvent associé à la pipérine du poivre noir pour améliorer son assimilation, est présenté comme anti-inflammatoire. Cet effet n'est pas établi scientifiquement. Il peut aussi interagir avec les fluidifiants sanguins. La dose à ne pas dépasser est de 153 mg par jour pour une personne de 60 kg. L'écorce de saule blanc et la reine-des-prés contiennent des dérivés salicylés, proches de l'aspirine. Leur prise est contre-indiquée en cas d'ulcère digestif, d'allergie aux anti-inflammatoires, de risque d'hémorragie, de goutte, d'asthme ou de maladie rénale. Ces plantes ne sont pas des bonbons : elles ont de véritables effets pharmacologiques.

Insaponifiables d'avocat et de soja : des effets indésirables pas si rares

Ces extraits, souvent présentés comme une alternative naturelle, ne sont pas sans risque. Ils peuvent provoquer des troubles digestifs modérés, mais aussi des effets plus sévères sur le foie (hépatite, jaunisse) ou sur la coagulation. Ils sont à proscrire en cas de maladie du foie, de calculs biliaires ou de troubles sévères de la coagulation. Comme pour les autres compléments, l'absence d'allégation santé autorisée depuis 2012 en dit long sur le niveau de preuve.

Une question de bon sens avant d'avaler une gélule

Les compléments alimentaires pour l'arthrose ne sont ni des médicaments inoffensifs ni des placebos magiques. Ils comportent des risques réels, surtout en cas de pathologies préexistantes (diabète, problèmes de foie, troubles de la coagulation) ou de prise de médicaments (anticoagulants, anti-inflammatoires). Avant d'acheter, posez-vous trois questions : cet ingrédient a-t-il des preuves d'efficacité ? Suis-je dans une situation à risque ? Est-ce que je ne ferais pas mieux d'augmenter mes apports alimentaires en oméga-3 (huile de colza, noix, poissons gras) ou en curcuma dans mes plats ?

Les solutions les plus solides restent la discussion avec votre médecin traitant ou un rhumatologue, l'adaptation de votre activité physique et, si besoin, des traitements médicamenteux validés. Ne remplacez jamais un traitement prescrit par un complément sans avis médical. Et si vous choisissez d'essayer une plante comme l'harpagophytum, respectez la durée maximale de quatre semaines et soyez attentif aux signaux de votre corps.

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