La dysfonction érectile, c'est l'incapacité persistante à obtenir ou maintenir une érection suffisante pour un rapport satisfaisant, et ce depuis au moins trois mois. Le CHU de Nice dispose d'un service d'urologie et d'andrologie qui prend en charge ce trouble, avec une palette d'options allant des médicaments oraux à la chirurgie robotique. Voici ce qu'il faut savoir sur les solutions proposées sur place.
Le service d'urologie du CHU de Nice : une équipe dédiée à l'andrologie
Le CHU de Nice, via son service d'urologie situé à l'hôpital Pasteur 2, s'occupe de l'appareil urinaire et génital masculin, ainsi que de la sexualité. L'équipe de chirurgiens urologues et d'anesthésistes met en place un parcours de soins personnalisé pour chaque patient. Le service dispose d'une plateforme chirurgicale robotique de dernière génération (Da Vinci X), utilisée notamment pour la chirurgie du cancer de la prostate, de la vessie ou du rein. Cette technologie est un atout direct pour les patients souffrant de dysfonction érectile après une prostatectomie, car elle permet de mieux préserver les bandelettes neurovasculaires, ces petits nerfs essentiels à l'érection.

L'équipe est également très investie dans la recherche clinique. Des dizaines d'essais cliniques sont ouverts, permettant aux patients éligibles d'accéder à des traitements innovants. Enfin, le service travaille en réseau avec les hôpitaux de Cannes, Grasse, Antibes et Menton, ce qui permet un suivi de proximité dans tout le département.
Les traitements médicamenteux : première ligne pour la plupart des patients
La première approche médicale repose sur les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5). Ces comprimés, comme le sildénafil (Viagra), le tadalafil (Cialis) ou le vardénafil (Levitra), agissent en renforçant l'effet du monoxyde d'azote, une molécule libérée lors de la stimulation sexuelle. Concrètement, ils favorisent la relaxation des muscles lisses des corps caverneux et augmentent le flux sanguin dans la verge, ce qui facilite l'érection. Ces médicaments ne sont pas une baguette magique : ils nécessitent une stimulation sexuelle pour fonctionner. Le choix entre eux dépend de la durée d'action souhaitée (quelques heures pour le sildénafil, jusqu'à 36 heures pour le tadalafil) et des éventuels effets secondaires.
Si les comprimés ne suffisent pas ou sont contre-indiqués, le CHU de Nice peut proposer des traitements de deuxième ligne :
- Les injections intracaverneuses : on injecte directement un produit (comme l'alprostadil) dans les corps caverneux de la verge. L'érection survient en quelques minutes, sans stimulation sexuelle nécessaire. C'est une option efficace mais qui peut être intimidante au début.
- L'alprostadil intra-urétral : un petit suppositoire est placé dans l'urètre. Le produit est absorbé par la muqueuse et provoque une érection. Moins invasif que l'injection, mais parfois moins efficace.
Les ondes de choc : une option régénérative
Le CHU de Besançon a été précurseur dans la région Bourgogne-Franche-Comté avec la machine Restoris Renova. À Nice, cette technologie n'est pas systématiquement mentionnée comme un traitement standard sur la page du service, mais elle fait partie de l'arsenal thérapeutique proposé dans certains centres hospitaliers universitaires. Le principe est simple : des micro-pulsations de faible intensité sont appliquées sur la verge. Elles stimulent la prolifération des vaisseaux sanguins dans les corps caverneux, ce qui améliore l'arrivée de sang lors de l'érection. L'objectif est de régénérer le tissu vasculaire, pas seulement de masquer le symptôme.
Le protocole classique dure six semaines, avec une séance de 30 minutes par semaine. Les résultats sont généralement visibles trois mois après la fin du traitement. Attention : ce traitement est à la charge du patient, tout comme les médicaments oraux. Il n'est pas remboursé par la Sécurité sociale. Les résultats varient selon la sévérité de la dysfonction : certains patients retrouvent une activité sexuelle normale, d'autres sont partiellement répondeurs, ce qui leur permet au moins de réduire leurs doses de médicaments.
Les dispositifs à vide : une solution non médicamenteuse
Pour les hommes qui préfèrent éviter les médicaments ou pour qui ils sont contre-indiqués, il existe une option mécanique : la pompe à pénis ou dispositif à vide. Le principe est simple : on place un cylindre en plastique sur la verge, on crée un vide qui aspire le sang et provoque une érection, puis on place un anneau de constriction à la base du pénis pour maintenir l'érection le temps du rapport. C'est une méthode non invasive, sans effet secondaire systémique. L'inconvénient : l'érection obtenue peut être moins naturelle, et l'anneau ne doit pas être porté plus de 30 minutes pour éviter des lésions.
La chirurgie : en dernier recours
Quand les autres traitements échouent ou ne sont pas adaptés, le CHU de Nice peut proposer la pose d'implants péniens. Ce sont des dispositifs gonflables ou semi-rigides, implantés chirurgicalement dans les corps caverneux. Avec un implant gonflable, le patient actionne une petite pompe placée dans le scrotum pour remplir les cylindres et obtenir une érection. C'est une solution durable et définitive, mais elle nécessite une intervention chirurgicale et une période de récupération. Le service d'urologie de Nice, avec sa plateforme robotique, est particulièrement bien équipé pour ce type de chirurgie complexe.
Après un cancer de la prostate : une attention particulière
La dysfonction érectile post-prostatectomie est un problème fréquent. L'ablation de la prostate peut endommager les nerfs et les vaisseaux nécessaires à l'érection. Au CHU de Nice, l'utilisation du robot Da Vinci X permet une meilleure préservation des bandelettes neurovasculaires quand c'est possible. Cela réduit le risque de dysfonction érectile définitive. Si les troubles persistent, le service propose les mêmes traitements que pour une dysfonction érectile classique, mais avec une approche adaptée : rééducation, médicaments, injections, voire implant pénien. La récupération peut prendre plusieurs mois, voire un à deux ans, selon l'étendue des lésions nerveuses.
Ce qu'il faut retenir avant de consulter
La dysfonction érectile n'est pas une fatalité, et le CHU de Nice propose une gamme complète de solutions, des comprimés à la chirurgie robotique. Mais tous les traitements ne se valent pas pour tous les hommes. Le choix dépend de la cause (vasculaire, nerveuse, psychologique), de la sévérité, des contre-indications médicales et des préférences personnelles. Une consultation avec un andrologue est indispensable pour établir un diagnostic précis et un plan de traitement personnalisé. Le service d'urologie de l'hôpital Pasteur 2 reçoit sur rendez-vous au 04.92.03.24.77. Attention : les traitements médicamenteux et les ondes de choc ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale. La chirurgie d'implant, elle, peut être prise en charge dans le cadre d'une pathologie reconnue. Ne tardez pas à consulter : plus la prise en charge est précoce, meilleures sont les chances de retrouver une vie sexuelle satisfaisante.




